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Malevich Kazimir | 1878 - 1935 | [ Retour | Photos ]
Issu d’une famille d’origine
polonaise, Malevitch quitte Kiev où
il est né pour Moscou en 1902
: il y poursuit son éducation
artistique et ses premières
œuvres sont proches du néo-impressionnisme
et du fauvisme ; il expose plusieurs
fois à " l’Association
des artistes de Moscou ", se
montre très sensible aux icônes
– " tout le peuple russe
m’apparaissait en elles dans
toute son émotion créatrice
" -, et s’inspire des tendances
nouvelles, qu’il s’agisse
du néo-privitivisme ou du cubo-futurisme
(La femme au seau, 1912-1913).
Les collections de Chtchoukine et
Morozov lui permettent de découvrir
les cubistes parisiens – Violon,
Violon sur une table, Instruments
de musique de Picasso sont acquis
en 1912 et 1913 - qui l’impressionnent
durablement : ils révèlent
un art dont l’objectif n’est
pas de reproduire la nature mais de
s’interroger sur la relation
entre le signe et la réalité.
Inspirée du modèle
linguistique, la période zaoum,
ou alogique, de Malevitch - néologisme
créé par le poète
Khlebnikov pour désigner un
poème jouant sur la signification
du signifiant même de la langue
– bouleverse la logique à
travers le collage cubiste en juxtaposant
des représentations de tailles
différentes (Un Anglais à
Moscou), ou en jouant de la fascination
du public pour l’intitulé,
c’est-à-dire le référent
: Rixe sur le boulevard, Vol du porte-monnaie,
Deux zéros sont des titres
placés dans un cadre tracé
sur une feuille de papier. Il crée
en 1913, avec Matiouchine et Kroutchenykh,
un opéra zaoum, Victoire sur
le soleil, dont il signe les décors
et les costumes – géométriques
- et qui annonce la " Dernière
exposition futuriste : 0,10 "
en 1915, à Saint-Pétersbourg
: dix exposants s’efforcent
de découvrir le zéro
des formes. Malevitch y présente
le Quadrangle noir, un carré
noir, dont aucun angle ne fait 90°,
sur fond blanc qui subvertit la notion
de composition traditionnelle et définit
le suprématisme, un univers
absolu au-delà de l’objet
qui s’intéresse à
l’origine même de l’existence,
au " zéro des formes "
comme source de l’être
: " Quand disparaîtra l’habitude
de la conscience de voir dans les
tableaux la représentation
de petits coins de la nature, de madones
ou de Vénus impudiques, alors
seulement nous verrons l’œuvre
picturale. Je me suis transfiguré
en zéro des formes et je me
suis repêché du trou
d’eau des détritus de
l’Art académique ",
écrit-il alors. Il poursuit
ensuite ses recherches sur les formes
et les couleurs qui manifestent le
mouvement : dans la série Carré
blanc sur fond blanc, en 1918, les
formes apparaissent par une différence
de matité.
En 1919, Malevitch part enseigner
à Vitebsk où il fonde
en 1920, avec ses amis, l’Ounovis,
la première école consacrée
à l’art moderne dont
l’objectif est de revêtir
" la terre d’une forme
et d’un sens nouveaux ".
Cette abstraction suprématiste
est proche de l’utopie dans
la mesure où elle s’éloigne
de toute imitation du monde, où
elle bouscule la figuration du donné
sensible pour laisser surgir des formes
nouvelles venues de nulle part et
laisser espérer un monde à
construire. Ainsi se comprennent les
" planites " et les "
architectones " des années
20 : structures abstraites et villes
volantes appartenant à l’avenir.
Il rencontre des difficultés
avec le pouvoir à partir de
1930 et subit des attaques de la presse
stalinienne : son retour, à
la fin de sa vie, au tubisme et à
une forme de primitivisme pourrait
en être une conséquence.
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