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Monet Claude | 1840-1926 | [ Retour | Photos ]
En quelques mots...
En dehors de quelques voyages, le
grand représentant de l'impressionnisme
n'a jamais vraiment quitté
les boucles de la Seine, depuis son
enfance au Havre, sa jeunesse à
Paris, puis la fréquentation
assidue de Bougival et d'Argenteuil,
jusqu'à son installation à
Giverny.
De la caricature à la peinture
d'après nature
Le peintre de plein air Eugène
Boudin ayant, vers 1858, remarqué
les talents de caricaturiste de Claude
Monet, invite celui-ci à travailler
«sur le motif». C'est
une expérience décisive
pour le jeune homme. L'année
suivante, Monet quitte Le Havre, où
il a passé son enfance et sa
jeunesse, pour se rendre à
Paris. Les encouragements du peintre
animalier Constant Troyon (1810-1865)
décident Claude Monet à
prolonger son séjour dans la
capitale. Il refuse toutefois de s'inscrire
à l'atelier de Thomas Couture
(1815-1879) et choisit l'enseignement
de l'Académie suisse, où
il rencontre Camille Pissarro. Après
deux années de service militaire
accompli en Algérie, Monet,
de retour à Paris, entre en
1862 dans l'atelier du peintre Charles
Gleyre. Comme Boudin l'avait incité
à peindre en plein air, il
persuade à son tour ses condisciples
Frédéric Bazille (1841-1870),
Renoir et Sisley de le suivre en forêt
de Fontainebleau. Au mois de mai 1864,
Bazille se joint à lui pour
travailler sur les côtes normandes,
en compagnie de Boudin et du Hollandais
Jongkind (1819-1891).
L'aurore impressionniste
Pour Monet la peinture est une occupation
obsessionnelle, à laquelle
un artiste doit tout sacrifier. Le
travail de ses débuts, bien
qu'en rupture avec la peinture d'atelier,
laisse apparaître un certain
nombre d'influences: la manière
de Corot est visible dans le Pavé
de Chailly (1865), la leçon
de Boudin et Jongkind soigneusement
mise à profit dans la Jetée
de Honfleur (1864) et l'exemple de
Manet fidèlement suivi dans
Camille Monet au petit chien (1866).
Monet opère avec Femmes au
jardin (1867) une rupture avec la
représentation «classique»
du paysage qui était traditionnellement
attachée à la transposition
d'un état d'âme; cette
peinture traduit immédiatement,
c'est-à-dire sans la médiation
d'intentions «romantiques»,
un instant fugitif de l'éclat
de la nature au printemps. Cette œuvre,
qui relève encore de la technique
de Manet, fut refusée au Salon
de 1867, et achetée par Bazille
pour aider Monet (en juin 1868, Monet,
dans la misère, tentera de
se suicider). On peut voir aussi dans
cette toile la recherche «impressionniste»
d'une atmosphère directement
saisissable.
L'apparence et la réalité
L'hiver 1868-1869, Monet, au cours
d'un séjour à Étretat,
peint l'un de ses nombreux paysages
de neige, la Pie , où l'oiseau
n'est qu'une ponctuation se détachant
sur la toile envahie d'une multitude
de «blancs» différents.
Au cours d'un séjour à
Bougival, l'été 1869,
Monet travaille en compagnie de Renoir.
Les deux peintres, rendant systématique
le principe de la division des tons
(Monet: la Grenouillère), inaugurent
la vision nouvelle qui bientôt
fait école. À la fin
de l'année 1870, Monet rejoint
Pissarro à Londres, où
le paysagiste Daubigny le présente
au marchand de tableaux Paul Durand-Ruel.
Durant son séjour en Angleterre,
il exécute d'admirables paysages
de brume, dont le Parlement de Londres
(1871). Après un passage en
Hollande, où il se rend acquéreur
d'estampes japonaises qui lui révèlent
des procédés audacieux
de cadrage, Monet regagne la France
en 1871, peu après la fin de
la guerre. Dans les derniers jours
de la même année, il
s'installe à Argenteuil, créant
dans cette petite commune des bords
de la Seine le véritable foyer
du mouvement impressionniste. Son
tableau Impression, soleil levant,
peint en 1872 au Havre, est la cible
de l'exposition de groupe organisée
le 15 avril 1874 chez le photographe
Nadar. Même dans ses paysages
urbains (série des vues de
la Gare Saint-Lazare , 1876-1877),
Monet exerce sa vision sur ce qu'il
appelle un «maximum d'apparences,
en étroites corrélations
avec les réalités inconnues».
Giverny
En 1878, le peintre s'installe à
Vétheuil avant de s'établir
définitivement, cinq ans plus
tard, à Giverny, où
il résidera jusqu'à
la fin de sa vie. À l'issue
d'un séjour dans le Midi, en
1888, il expose à Paris Dix
marines d'Antibes, pour lesquelles
Mallarmé lui manifeste son
admiration: «Il y a longtemps
que je mets ce que vous faites au-dessus
de tout, mais je vous crois dans votre
plus belle heure.» Après
la série des Peupliers et des
Meules exécutée en 1890-1891,
Monet peint, dans un souci de plus
en plus marqué de la lumière
et des apparences fugitives de l'instant,
la série des Cathédrales
de Rouen (1892-1894).
Les séries
On ne saurait attacher trop d'attention
à ce travail par séries
dans la production de la maturité
de Claude Monet. D'une série
à l'autre, une progression
apparaît à la fois dans
le principe (un schéma de composition
de plus en plus uniforme à
l'intérieur de chaque série)
et dans le choix du sujet : aux motifs
naturels (peupliers, meules), insignifiants
et interchangeables que lui fournissent
les environs de Giverny, succède
celui d'une architecture sacrée,
unique, illustre et immuable, la façade
de la cathédrale de Rouen.
En entreprenant ces séries,
puis en les sacralisant en quelque
sorte par le choix d'une cathédrale
célèbre, Monet confère
une dignité supérieure
au principe impressionniste fondamental
: l'analyse des variations de la lumière
n'est pas seulement bonne pour représenter
des promeneurs à la campagne
ou des pêcheurs au bord de l'eau.
Par une démarche qui annonce
celle des peintres philosophes comme
Kandinsky ou Malévitch, une
intention théorique, presque
éthique, prend ici le pas sur
l'exécution. Plus encore que
celle des Meules, la série
des Cathédrales, puis celle,
en très grand format, des Nymphéas
constituent un fait pictural nouveau
: ce sont des œuvres où
l'intention passe avant le souci de
la représentation. Un peu avant
1900, et jusqu'à la fin de
sa vie, Monet s'attache en effet à
prendre comme seul motif le bassin
aux nymphéas de son jardin
de Giverny. Dans une souveraine indifférence
au sujet, les variations sur le thème
du plan d'eau portent jusqu'aux extrêmes
limites de ses conséquences
la «manière impressionniste».
Cette prodigieuse série de
Nymphéas , commencée
en 1916 et achevée l'année
même de la mort du peintre,
est un don à l'État.
En 1927, les huit grandes compositions
sont installées à l'Orangerie
des Tuileries. Les grands Nymphéas
peuvent être aujourd'hui regardés
comme l'une des plus étonnantes
représentations picturales
du «flux incessant des idées
songeuses, sauvages, non retenues
et à vrai dire non pensables»
(Francis Ponge).
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| Monet Claude |
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| Femmes au jardin |
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| Meules de foin à la fin de l'été, effets du matin |
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| La cathédrale de Rouen |
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| Etang aux nénuphares |
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| Chambres du parlement, effet de lumière dans le brouillard |
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| Coquelicots à argenteuil |
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