|
Signac Paul | 1863 - 1935 | [ Retour | Photos ]
Georges Pierre Seurat naquit au sein
d’une famille aisée le
2 décembre 1859 à Paris.
Son père, Chrysostome Antoine
Seurat, était huissier à
la Villette. Vivant de ses rentes
dans sa résidence d'été
au Raincy, ce dernier ne rendait visite
qu'une fois par semaine à sa
femme et à son fils .
La mère de Seurat, Ernestine
Faivre, fut très proche de
son fils qui fut très tôt
initié à la peinture
par son oncle maternel Paul Haumonté-Faivre,
marchand de tissus et peintre amateur.
Sa vocation ne fut ainsi jamais contrariée.
En 1875, Seurat alla suivre des cours
de dessin d'une école du soir
municipale dirigée par le sculpteur
Justin Lequien. Ce fut à cette
époque qu’il se lia d'amitié
avec Edmond Aman-Jean, puis en 1876,
il étudia la Grammaire des
arts du dessin de Charles Blanc avant
d’être admis en février
1878 avec Aman-Jean à l'École
des Beaux-Arts, où il fréquenta
la classe de Henri Lehmann, élève
de Jean Auguste Dominique Ingres.
En 1879, Seurat quitta l'École
des Beaux-Arts et occupa avec Aman-Jean
et Ernest Laurent un atelier dans
la rue de l'Arbalète avant
d’ effectuer une année
de volontariat militaire à
Brest où il produisit de nombreuses
études et d’innombrables
dessins à la mine Conté
tout en étudiant l'ouvrage
de David Sutter « Les Phénomènes
de la vision » et celui de Chevreul
sur la loi du contraste simultané.
À son retour de Brest en 1880
, Seurat s’installa dans une
petite pièce au 19, rue de
Chabrol où il peignit jusqu'en
1886 ses œuvres les plus importantes.En
1881 Seurat se familiarisa avec la
théorie des couleurs d'Ogden
N. Rood et analysa en profondeur les
tableaux de Delacroix.
En 1883, il participa pour la seule
et unique fois, Seurat au Salon en
montrant un dessin représentant
le portrait d'Aman-Jean. A la même
époque, il rencontra Puvis
de Chavannes.
L’année suivante, son
premier grand tableau, « Une
Baignade à Asnières
» fut refusé par le Salon.
Ce fut alors qu’il fonda avec
Paul Signac, Henri-Edmond Cross et
Maximilien Luce le Salon des Indépendants
où l’artiste présenta
« Une Baignade à Asnières».
En 1884, Seurat avait peint «
La Baignade », « La Couseuse
» « Une périssoire
» et produit de nombreuses études
pour « Un Dimanche à
la Grande Jatte ».En 1885, il
travailla sur « La Grande Jatte
» qu’il termina l’année
suivante tandis que Signac lui fit
rencontrer les écrivains symbolistes
Paul Adam et Henri de Régnier
.
En 1886, Seurat exposa « Un
Dimanche à la Grande Jatte
» à la dernière
exposition des Impressionnistes. Intéressé
par son œuvre, le critique d’art
Félix Fénéon
le mit en rapport avec le jeune mathématicien
et théoricien d'art Charles
Henry dont les théories l'impressionnèrent
fortement.
Après un été
à Honfleur, Seurat présenta
dix œuvres dont « Un Dimanche
à la Grande Jatte » à
l'exposition des Indépendants
.Il fut ensuite invité à
l'exposition du groupe d'avant-garde
bruxellois Les Vingt grâce à
Signac qui fut l’initiateur
du groupe des néo-impressionnistes
(ainsi baptisé par Arsène
Alexandre) regroupant des artistes
utilisant la technique du pointillisme.
L’année 1886 vit la
dernière exposition des Impressionnistes
au N°1 de la rue Laffite. Celle-ci
marqua aussi une scission avec les
néo-impressionnistes lesquels
aspiraient à de nouvelles ambitions
sous l’impulsion de Signac qui
codifia les nouveaux préceptes
de leur mouvement. Pour sa part, Seurat
enthousiasmé très tôt
par l’idée que la couleur,
soumise à des règles
sûres, pouvait s’enseigner
comme la musique, s’appliqua
à définir des règles
strictes concernant aussi bien l’harmonie
colorée que la composition
linéaire.L’ouvrage de
Chevreul étant devenu son livre
de chevet, il étudia avec le
plus grand soin les divers aspects
de la loi du contraste simultané
des couleurs
Le 2 février 1887, Seurat
participa avec Signac à l'ouverture
du Salon des Vingt où il exposa
sept toiles dont « Un Dimanche
à la Grande Jatte ».
Durant la même année,
il peignit des vues de Honfleur ainsi
que son phare
Le 26 mars 1887 , Seurat présenta
aux Indépendants des études
pour son nouveau tableau « Les
Poseuses ». Durant l'été,
il continua à travailler sur
cette toile et sur « La Parade
»
En janvier 1888, Seurat et ses amis
présentèrent leurs œuvres
dans les locaux de la Revue Indépendante
dirigée par Fénéon.
Il se tourna alors vers les scènes
de cirque et de cabaret et exposa
au Salon des indépendants «
Les Poseuses », « La Parade
» et huit dessins avant de passer
l'été à Port-en-Bessin
sur la Manche où il réalisa
plusieurs marines.
En février 1889, Seurat participa
de nouveau à l'exposition des
Vingt à Bruxelles. Il y rencontra
le modèle Madeleine Knobloch
et commença à prendre
ses distances avec ses amis en s'estimant
un peu fatigué par leurs querelles.
Il demeura à partir d'octobre
avec son amie dans un atelier tenu
secret dans le passage de l'Élysée-des-Beaux-Arts
et produisit ses dernières
œuvres dans un style plus rigoureux
basé sur les différents
préceptes du divisionnisme.
A cet égard, selon la loi des
contrastes simultanés de tons
et de mélanges optiques, la
composition se devait d’être
régie par la rigoureuse symbolique
de la proportion dorée, chaque
élément étant
construit sur la section d’or
(voir les verticales et horizontales
de « La Parade » ou les
verticales et les obliques du «
Cirque » ou du « Chahut
»)
Seurat peignit plusieurs vues du
Crotoy et le portrait de Paul Alexis
durant cette année 1889.
Son fils Pierre Georges naquît
le 16 février 1890 puis il
montra aux Indépendants «
Le Chahut » et « Jeune
Femme se poudrant ». Il peignit
aussi le portrait de Signac et la
Tour Eiffel et passa les mois d'été
à Gravelines sur la mer du
Nord où il réalisa des
marines. Ce fut à cette époque
qu’il exposa l’ensemble
de sa doctrine dans la lettre suivante
à Maurice Beaubourg : «
ESTHETIQUE : L’art, c’est
l’harmonie. L’harmonie,
c’est l’analogie des contraires,
l’analogie des semblables, de
ton, de teinte, de ligne, considérés
par la dominante et sous l’influence
d’un éclairage en combinaisons
gaies, calmes ou tristes. Les contraires,
ce sont pour le ton, un plus lumineux
(clair) pour un plus sombre. Pour
la teinte, les complémentaires,
c’est à dire un certain
rouge opposé à sa complémentaire,etc…
Pour la ligne, celles faisant un angle
droit. La gaieté du ton, c’est
la dominante lumineuse ; de teinte,
la dominante chaude ; de ligne, les
lignes au dessus de l’horizontale.
Le calme du ton, c’est l’égalité
du sombre et du clair ; de teinte,
du chaud et du froid, et l’horizontale
pour la ligne. Le triste du ton, c’est
la dominante sombre ; de teinte, la
dominante froide, et de ligne, les
directions abaissées. TECHNIQUE
: Etant admis les phénomènes
de la durée de l’impression
lumineuse sur la rétine, la
synthèse s’impose comme
résultante. Le moyen d’expression
est le mélange optique des
tons, des teintes (de localités
de la couleur éclairante :
soleil, lampe à gaz, à
pétrole etc.), c’est
à dire des lumières
et de leurs réactions (ombres)
suivant les lois du contraste, de
la dégradation, de l’irradiation
».
Son discours lui valut ainsi l’admiration
des Cubistes et des néo-constructivistes
autour de Mondrian.
En 1891, après avoir peint
« Le Cirque » et «
Le Chenal de Gravelines », il
exposa au salon des Vingt à
Bruxelles « Le Chahut »
et six paysages .Au salon des Indépendants
inauguré le 16 mars de cette
année là, il montra
son tableau inachevé «
Le Cirque ». Le 29 Mars il mourut
brutalement des suites d'une angine
infectieuse contractée en préparant
son exposition. Atteint lui aussi,
son fils succomba peu de temps après.
A sa mort, l’inventaire de
son atelier fut dressé par
Luce et Fénéon et ses
œuvres furent réparties
entre sa famille et ses amis.
Disparu à l’âge
de 31 ans, Seurat avait exposé
au Salon en 1883, aux Indépendants
en 1884-85, 1886, 1887,1888, 1889,
1890 et 1891, aux Impressionnistes,
rue Laffite, en 1886, à New
York en 1885-1886, à Nantes
et à Amsterdam au Blanc et
Noir en 1886, aux Vingt à Bruxelles
en 1887, 1889 et 1891. Il laissa six
carnets de croquis, 420 dessins, 170
aquarelles et une soixantaine de toiles
parmi lesquelles cinq monumentales
(« La Baignade », «
Un dimanche à la Grande Jatte
», « Les Poseuses »,
« Le Chahut » et «
Le Cirque ») mais les critiques
estimèrent injustement qu’il
n’avait laissé aucune
œuvre.
Il fallut attendre près d’une
vingtaine d’années pour
découvrir Seurat alors que
son père et son frère
dispersèrent ses œuvres
sans se soucier de sa mémoire
et que le Louvre refusa celles proposées
par sa mère. Seurat sortit
enfin de l’oubli en 1905 lors
d’une exposition rétrospective
de 44 de ses œuvres organisée
en même temps que la rétrospective
Van Gogh dans les serres du Cours-la-Reine
mais déjà, le néo-impressionnisme
pratiqué également par
Pissarro, Signac, Cross ou Van Rysselberghe
avait été classé
au rang de style académique.
Seurat fut incontestablement à
l’origine d’une importante
révolution en peinture et s’il
avait vécu plus longtemps,
la question qu’on pourrait se
poser aujourd’hui est de savoir
où son art l’aurait conduit.
Aurait-il continué à
se montrer de plus en plus rigide
dans l’application de ses principes,
serait -il revenu à la poésie
qu’il exhala avec plus de liberté
dans « La Grande Jatte »
ou aurait-il choisi une autre voie
en allant vers le Cubisme, le Futurisme
ou le Constructivisme ? On peut fortement
parier que son penchant pour la recherche
sur la lumière et l’harmonie
des tons l’aurait conduit vers
d’autres innovations.
On a surtout retenu le caractère
pointillisme de son œuvre alors
qu’il chercha après la
révolution impressionniste
à se dégager avant tout
de la représentation fidèle
en peinture comme le firent Cézanne,
Van Gogh, Gauguin ou Toulouse-Lautrec
à son époque pour percer
les mystères de ses lois propres
et de ses possibilités d’harmonie
et jeter les fondements de nouvelles
tendances. Il suffirait de coller
son regard au plus près d’une
de ses toiles pour découvrir
à travers les tons composant
un visage, un corps ou un élément
qu’il avait formulé une
abstraction savamment ordonnée.
|
 |
 |
| Signac Paul |
| |
| La bouée rouge |
| |
| Le palais Papal, Avignon |
| |
| Saint-Tropez, l'orage |
| |
| Femmes au puit |
| |
|