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Sorolla y Bastida Joaquin | 1863-1923 | [ Retour | Photos ]
La lumière, la couleur, le mouvement.
Avec Joaquin Sorolla y Bastida, ces
concepts adoptent un nouveau sens.
Il naît à Valence le
27 février 1863.
À l’âge de deux
ans, il devient orphelin et son oncle
devient son tuteur. Il fait déjà
preuve d’un penchant artistique
dès tout jeune, c'est pourquoi
on l'amène aux cours du sculpteur
Cayetano Capuz. Il se rendra par la
suite à l’école
des Beaux-Arts de Valence et y découvrira
les peintres valenciens et Pinazo,
qui le séduira avec sa peinture
en plein air. Sorolla se plaira à
s’éloigner de son atelier,
se laissant caresser par la légère
brise de la côte levantine tandis
qu'il exprime sur ses tableaux des
images qui lui sont proches, et proches
à un village de mer, de terre,
de vergers. C'est justement à
ce moment-là que Sorolla commence
à développer ce luminisme
si personnel qui caractérise
toute son oeuvre.
En 1881, deux excellents peintres
se joindront à son bagage d’influences
: Velázquez et Ribera; la lumière
et l’exécution fougueuse
donneront lieu quelques ans plus tard
au tableau nuancé avec Le deux
mai (1884), un tableau qui secouera
l’opinion publique. Après
avoir passé un concours, il
déménage en Italie,
il y vivra quelques années.
Au cours d’un voyage éclair
à Paris en 1885, son réalisme
subira un revers, deviendra le vérisme
visuel de Bastien Lepage et Adolf
Menzel, lesquels auront une grosse
influence sur sa production ultérieure.
Par exemple, L’enterrement du
Christ, une oeuvre qui ne recevra
pas un bon accueil, malgré
son innovateur traitement de la lumière.
Il rencontre en 1889 le républicanisme
social grâce à Blasco
Ibáñez; les oeuvres
de ces deux personnages seront un
miroir, un reflet des tristes circonstances
socio-économiques que le pays
traverse. Une autre marguerite, Traite
des Blanches, Et on dit que le poisson
est cher (« Aún dicen
que el pescado es caro » en
espagnol), Triste héritage,
toutes ces oeuvres observent la réalité
de façon moins conventionnelle
ou stéréotypée
et font une critique audacieuse de
la crise sociale de fin de siècle.
Suivant les opinions de Lepage et
de Menzel, dans lesquelles se manifeste
la naissance d’une peinture
éloignée des salons
seigneuriaux et concentrée
pour la première fois sur le
monde rural, la paysannerie, Sorolla
mise sur la représentation
véridique du propre environnement,
lié à chaque peintre
avec son petit monde, avec les choses
courantes de la vie, ces choses qui
disparaissent avec le temps, et que
jusqu'alors l'art avait ignoré.
Sorolla représentera cette
lumière aveuglante de la méditerranée
sur ses toiles, il nous montrera sa
mer, ses pêcheurs, sa misère.
En cousant la voile, Et on dit que
le poisson est cher ou Retour à
la pêche, Triste héritage
sera un tableau qui résumera
toutes les tendances de Sorolla, qui
fusionnera le réalisme social
avec sa peinture des moeurs latente.
Étrangement, sur ce tableau
le Soleil n’envahit pas l'espace
comme il le faisait dans En cousant
la voile, on remarque plutôt
une lumière plus ténue,
propre d’une tombée du
jour tardive, dotant toute la narration
d’un dramatisme qui dépasse
la toile.
Le début du nouveau siècle
le mettra en contact avec une autre
façon de voir la peinture,
la lointaine, la nordique de Kroyer
et Zorn, des artistes formés
dans la contemplation de la nature,
des artistes « purs »,
sans tradition, sans influences. Le
lieu de rencontre, la toujours lumineuse
Paris, où s'était forgée
quelques années auparavant
une autre évolution dans la
peinture de Sorolla. Un exemple de
cette rencontre sera l'oeuvre Figure
en blanc, inspirée sur Après-midi
d'été sur la plage de
Kroyer.
Le contact avec Zorn banalisera ses
thèmes. Il abandonnera le réalisme
social et se plongera dans une agréable
et douce peinture des moeurs. La plage,
les enfants, les femmes, les paysages
et les jardins deviendront les grands
protagonistes de l’oeuvre de
cette nouvelle période, ainsi
que quelques autres portraits de la
classe aisée espagnole. À
partir de là, sa vie s'intensifie
et il commence à déambuler
à travers toute la géographie
espagnole en représentant sa
réalité, ses paysages
et ses plus ancestrales habitudes.
Sa particulière évolution
luministe atteint des effets aveuglants,
qui iront même jusqu’à
déformer les couleurs : Soleil
d’après-midi. Les portraits
de moeurs de cette époque s’imprégneront
de cette attitude positive et de cette
foi sur le village qui caractérisera
Sorolla et qui sera clairement opposé
à la ligne trémendiste
de Zuluaga. Son Espagne sera très
méditerranéenne, très
valencienne. Juan Ramón Jiménez
dira de lui : « Il travaille
avec ses pinceaux espagnols et il
trouve tout ce qu’il veut :
toute l’âme de la patrie
... Il commence alors cette série
de tableaux de la terre, du travail,
sueur, misère et soleil, la
splendeur grecque des côtes
du Levant et le tonnerre de sa mer
bleue, la grâce florentine du
geste de Valence, tout ce luxe de
mousses et transparences, de brises
et de fleurs, tout ce brouhaha incomparable
de femmes, d’enfants, de marins
espagnols ».
À partir de 1908, on remarque
un nouveau changement dans sa particulière
lumière. Suite à un
séjour à Biarritz, les
couleurs plus froides, plus opaques
de l’Atlantique commencent à
nager dans sa peinture : Sous le store.
Un an plus tard, en automne, il s'installe
à Grenade, une ville qui, avec
Séville, conquérra son
coeur et qui sera présente
dans son oeuvre: ses jardins, ses
réminiscences arabes et ses
merveilleux panoramas. Au cours de
ces années, il se consacrera
également aux portraits familiaux
: Clotilde dans son fauteuil, Clotilde
au chapeau ou Maria avec mantille.
Jusqu’en 1911, son oeuvre volera
à travers toute l’Europe,
allant d’exposition en exposition,
sans s’arrêter jamais
sur les terres espagnoles. Paris,
Berlin, Düsseldorf, Cologne et
Londres accueilleront, pas toujours
avec la même chaleur, sa création.
Peu après, surviendra son grand
bon en avant aux Etats-Unis : New
York, Buffalo et Boston. À
cette époque, un lent Sorolla
dans ses débuts commence à
montrer une vitesse d’exécution
inouïe, et il accroît de
façon stupéfiante sa
production picturale : Le bain du
Cheval, Promenade sur la rive de la
mer, Fillettes dans la mer, Le «
balandrito » ou Après
le bain.
En 1911, il reçoit une monumentale
commande, celle de décorer
la bibliothèque de The Hispanic
Society of América à
New York, dans laquelle il reproduira
les gents, les coutumes de plusieurs
régions espagnoles. Il tente
d’exprimer une Espagne éloignée
des clichés, mais il y tombe
irrémédiablement. Recherchant
une ethnologie encore vierge, le côté
pittoresque s’approprie ses
tableaux. De « Les provinces
d'Espagne », on remarque La
pêche au thon, « Ayamonte
», qui est étrangement
le dernier de cette collection de
toiles et qui garde une fraîcheur
que ne possèdent pas les pompeux
tableaux de cette collection.
En 1915, il peindra deux de ses plus
célèbres tableaux, Sortant
du bain, Valence et Pêcheuses
valenciennes, puis il se retirera
chez lui où il passera ses
dernières années à
réaliser une peinture plus
intimiste. Alors qu'il peignait en
1920 le Portrait de madame Pérez
de Ayala, il est atteint d’une
hémiplégie dont il n'allait
jamais se remettre. Petit à
petit, la flamme s'éteindra,
et il mourra à Cercedilla,
près de Madrid, le 10 août
1923.
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| Sorolla y Bastida Joaquin |
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| Promenade le long de la plage |
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| L'heure de la baignade |
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| Pêcheur avec son fils |
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| Boeufs sur la plage |
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