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Vallotton Felix | 1865 - 1925 | [ Retour | Photos ]
Félix Vallotton est l’un
des artistes majeurs de sa génération.
Lausannois de naissance, Français
d’adoption, il a créé
une oeuvre qui appartient au patrimoine
commun des deux pays et à celui
de l’histoire de l’art
européen. Portraitiste remarqué
à ses débuts, il s’engage
après 1890 dans la gravure
sur bois. Le renouveau qu’il
insuffle à cette technique
ancestrale lui vaut rapidement une
notoriété internationale
d’artiste à la pointe
de la modernité. Lié
d’amitié avec Vuillard,
Bonnard et Maurice Denis, il rejoint
le groupe des nabis et devient le
principal illustrateur de La Revue
blanche. Son mariage en 1899 avec
la fille du grand marchand de tableaux
Alexandre Bernheim marque un tournant
dans sa vie et dans sa carrière.
Il se consacre désormais à
sa vocation première: la peinture.
Farouchement indépendant,
il élabore en quelques années
un style singulier, nourri des trouvailles
de ses xylographies, de la leçon
des maîtres japonais et de l’exemple
de prédécesseurs illustres
tels que Poussin, Rembrandt ou Ingres.
Son art ne rompt pas avec la tradition
mais la bouleverse par de puissants
effets décoratifs, par une
palette où des tons sourds
alternent avec les couleurs les plus
éclatantes, souvent dissonantes,
parfois irréelles. L’ampleur
de son oeuvre peint est d’autant
plus considérable que Vallotton
l’a réalisé en
quatre décennies, tout en exerçant
ses talents dans d’autres disciplines:
dessinateur prolifique, il s’est
essayé à la sculpture
et aux arts appliqués. Il a
aussi écrit dès son
plus jeune âge: on lui doit
des critiques d’art et des essais,
des pièces de théâtre
et trois romans.
Secret et passionné, réfléchi
et sensuel, misanthrope et séducteur,
aspirant au bonheur mais se régalant
de souffrance, l’homme est aussi
complexe que son art est savant sous
une apparente simplicité. Il
a appartenu aux sociétés
d’artistes les plus prestigieuses,
il a participé à toutes
les grandes expositions internationales,
il a gagné la plus haute estime
de ses élèves, avant
de devenir une référence
pour toute une nouvelle génération
de peintres. Il a connu l’élite
du monde artistique et littéraire
de son époque; des amis fidèles
l’ont entouré, des femmes
l’ont aimé; il a visité
les plus belles villes d’Europe
et a séjourné dans des
endroits magnifiques dont ses paysages
gardent à jamais le souvenir.
Mais il a cultivé avec une
sorte de délectation morose
une mélancolie caractéristique
de son temps. Elle a été
le nerf de sa créativité
débordante, l’excuse
de ses échecs et, par sublimation,
la marque de son art.
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| Vallotton Felix |
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| Marée montante le soir |
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| Soir aux Andelys |
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